Publié par : vadrouillealerable | 24 août 2014

Le canot-camping

Chers amis, lâchez immédiatement tout ce que vous êtes en train de faire (la poêle, la lessive, le bébé…non pas le bébé), car Michi et moi vous emmenons en canot-camping!

C’est une expérience des plus canadienne qui soit. Avec un peu d’imagination, on se sentirait même au temps des coureurs des bois, qui « découvraient » ces vastes territoires par les cours d’eau et les lacs, tant la forêt ici est dense. Et oui, pas de forêt jardinée au Québec, même avec beaucoup de bonne volonté, c’est très difficile d’évoluer hors des sentiers battus. Jugez plutôt:
Et encore, là c'est l'hiver, imaginez en été, avec les feuilles, les fougères, les écureuils fous...

Et encore, là c’est l’hiver, imaginez en été, avec les feuilles, les fougères, les écureuils fous…

Il me semble qu’il faut un petit moment à tout Européen pour vraiment appréhender l’immensité des territoires sauvages québécois et canadiens. Au Québec, au Nord du fleuve Saint-Laurent, le bouclier canadien s’étend sur deux milles kilomètres. Tout cet espace est recouvert de forêts et, plus au Nord encore, de toundra, et est constellé de lacs. Et c’est tout! Plus de villes, plus d’eau courante, plus d’électricité! Pour vous donner une idée, si la Suisse avait la même densité de population que le Canada (3.5 habitants au kilomètre carré), seule la ville de Lausanne et quelques-uns de ses villages attenants seraient peuplés (à peu près 144’000 habitants)! Le reste serait laissé aux lynx, aux loutres européennes, aux fouines, aux sangliers et aux blaireaux. Une bonne manière de rentrer en contact avec cette vraie nature québécoise est donc de louer un canot (l’embarcation que nous appelons en français européen, anglicisme honnit, « canoë ») et de ramer de lacs en lacs, empruntant rivières ou chemins de portage (quèsaco? vous verrez plus loin).

Le départ
Pour bien faire du canot-camping il nous faut:
1) un canot
2) du matériel de camping
3) des sacs étanches
4) des provisions
5) de l’anti-moustique
6) une tuque (un bonnet, en Québécois) pour les frileux(ses) car la température peut passer des 30° aux 10° dès que le soleil se couche. On est dans le Nord, faut s’adapter!

En gros, le départ ressemble à ça:
Les sacs étanches, nos nouveaux amis.

Les sacs étanches, nos nouveaux amis.

C'est bon? On a rien oublié?

Charger un canot: Tout un art.

C’est bon, tout est bien installé? les poids sont bien répartis? (oui parce qu’un canot, ça chavire plus vite que l’on croit…) Alors on y va!
C'est parti pour l'aventure!

Ramons, ramons!
Une fois sur le lac, la ballade est tout simplement magique. Armés d’une carte et d’une boussole, nous glissons sur les flots tranquilles, entre les nénufars. Nous apercevons même un plongeons huard, l’oiseau que l’on retrouve sur les pièces canadiennes de 1$!
Cet animal est icônique, il y a même des disques de relaxation qui incluent son cri!

Cet oiseau est l’icône des espaces boisés nord-américains. Les amoureux de la nature, tant Américains que Canadiens, le chérissent. Il y a même des disques de relaxation qui incluent son cri!

Ces oiseaux sont vraiment présents partout, du Nord des États-Unis au Canada. Leur cri particulier peut dérouter les néophytes, car il ressemble parfois à une plainte de loup! (et ça fait un peu peur les premiers soirs de camping…) Vous pouvez l’écouter ici.
Arrivés au bout du lac, deux cas de figure se présentent: a) Il y a une rivière qui relie le lac de départ à celui d’après. b) Il y a un chemin de portage qui relie le lac de départ à celui d’après. Pour faire compliqué, et parce que ça arrive souvent, nous nous trouvons face à b).
Il va y avoir du sport...

Il va y avoir du sport…

Regardez bien le panneau: un petit bonhomme porte son canot sur le dos, telle une tortue à longues pattes. C’est ce qu’on va laisser faire aux garçons, qui seront tout contents de nous montrer que leurs larges épaules sont aussi solides qu’elles en ont l’air. Nous, on va se coltiner tout le bataclan qu’on avait bien rangé au fond du canot. Une fois tous nos bagages portés à l’autre bout du sentier, on peut à nouveau charger les canots et repartir de plus belle.
Bravo les gars :)

Bravo les gars 🙂

Le plus beau des campings
Arrive donc la fin de l’après-midi. Sur notre carte, les différentes places de camping sont marquées précisément. Ce qui est merveilleux et épeurant à la fois (oui, encore un nouveau mot québécois, ou vais-je m’arrêter?) c’est que les emplacements sont très (très très) éloignés les uns des autres! Pas de voisins, pas d’électricité, pas d’eau courante et pas de réseau; nous sommes seuls au monde, la forêt murmure, le lac clapote. Nous montons nos tentes, allumons un feu réconfortant et cuisinons notre pitance, tout cela en dégustant une bonne petite bière (ou un petit cidre) rafraichie dans l’eau en contrebas. Vous vous dites: quel calme, quelle sérénité. Puis la nuit tombe. Et vous n’avez jamais entendu un tel raffut! Les grenouilles coassent partout, les plongeons huards s’appellent mutuellement, les moustiques vrombissent. Bref, nous sommes bel et bien dans la nature, et elle nous le fait savoir. Il ne nous reste plus qu’à pendre un sac rempli de tout ce qui pourrait être appétissant pour les ours et les ratons laveurs bien haut dans un arbre à plus de 100 mètres de nos tentes (idéalement) et nous pouvons nous assoupir, bercés par l’incroyable cacophonie animale qui nous entoure.

Le retour
Après quelques jours passés à glisser sur l’eau, à triompher d’obstacles inattendus (mais quelle idée ont eu les castors de faire un barrage ici, grrrmbl), notre périple touche à sa fin.
Et hop, par-dessus le barrage! Sans retourner le canot, hein!

Et hop, par-dessus le barrage! Sans retourner le canot, hein!

Heureux, puants et couverts de piqures de moustiques (malgré les quelques litres de répulsifs consommés), nous revenons à notre point de départ, retournons le canot loué, et nous nous entassons dans la voiture pour un joyeux voyage de retour. En route, nous nous arrêtons dans un restaurant pour profiter d’un repas un peu plus varié que ceux dégustés pendant le périple et rire de nos aventures sous les néons d’une salle à manger.
J’espère que ce petit voyage vous a plu! Nous on adore partir comme ça, c’est un de nos grands plaisirs de l’été. Si bien qu’on planifie, avant de revenir en Europe, de partir un petit moment sur les routes canadiennes avec notre voiture (oui! on a acheté une voiture!) et un canot pour tout bagage (ou presque).

Responses

  1. Oh, ça fait rêver, mais pour moi il faudrait ajouter une bouée de sauvetage et une brouette gonflable. Le chant du Huard est remarquable. Y a-t-il des rossignols? Hélène J B

    • Hihi! Meuh non, l’avantage de ce style de camping c’est que même les gens qui ne seraient à priori pas bâtis pour avoir la chance de savoir ce que c’est la natuuuure loin de tout (par exemple en haut d’une très haute montagne, en hiver, dans la tempête) peuvent tranquillement ramer de places en places! Du gâteau! Et non, pas de rossignols, mais y a des mini-colibris!

  2. Merci MC pour ce récit qui nous laisse imaginer vos belles aventures.
    Avec Hugo, on a testé le canot en Mauricie lundi: quel moment magique! En plus des cris des loutres, nous entendions une « espèce de chouette bizarre »…. Grâce à la vidéo que t’as mise en lien, on sait à présent que c’était encore un huard qui se moquait de nous!

    • Hihi! si les plongeons huards vous avaient entendu! « Chouette bizarre », pfffuuu! 🙂 Je les vois d’ici s’envoyer des glouglouglouglouquiiick outrés…

  3. […] Les sorties en canot sont tellement populaires au Québec, qu’il y a même une pratique dingue qui se nomme le « canot camping ». Si, si! Vous imaginez de quoi il s’agit! C’est comme un trek si on veut, sauf que le parcours de plusieurs jours se fait à bord d’une embarcation. Il y a tellement de lacs au Québec, souvent reliés par une langue d’eau, qu’il est possible de se balader de l’un à l’autre. Parfois il faut marcher en portant le lourd canoë sur sa tête sur un chemin de portage. Les aventuriers bivouaquent sur des emplacements prévus pour les canoteurs le long des berges. Pour partir, il faut une carte précise des lacs, des tentes, et de quoi se sustenter. Là, au milieu de la vie sauvage, il faut suspendre ses vivres dans les arbres pour ne pas appâter les ours – et accepter d’être dévoré vivant par les maringouins voraces. Je vous raconte tout ça, car ma copine MC, Suissesse expatriée au Québec m’en a fait le récit. Elle explique aussi les principes du canot-camping ici. […]


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :