Cette semaine, j’ai reçu mon premier salaire, et Michael et moi avons à nouveau pu nous payer de petites folies comme, par exemple, aller au cinéma en pleine semaine, juste parce que par hasard on passait devant le cinéma et que ça nous a fait envie. C’est donc tout frétillants d’aise que nous nous sommes installés dans les doux fauteuils du multiplex pour partager le film "Hunger Games" avec une trentaines d’anglophones.
Pour ceux qui n’ont ni vu ou entendu parler du film, il s’agit d’une fable futuriste se déroulant dans un pays où, afin de commémorer une guerre civile particulièrement sanglante, des jeux (games) sont donnés chaque année. Mais pas n’importe quel jeux, non, ça serait trop simple de jouer aux échecs accoudé à une table avec une bonne petite bière et de la musique classique en fond sonore. Ces jeux-là se résument ainsi: deux jeunes de chaque district du pays (soit 24 en tout) sont tirés au sort pour s’entre-tuer dans une forêts mi-réelle mi-technologique. Un seul en sortira vainqueur (and may the odds be ever in your favor*). Oui.
Quel beau sujet que la survie! ça titille l’imagination, ça réveille l’animal en nous, ça fait Robinsonner nos méninges. En sortant du cinéma, avec ma rétine encore imprégnée de la belle mais dangereuse forêt de feuillus du film, ma première réaction a été de me dire: "Quel contraste!". Puis les détails de la vie montréalaise se sont à nouveau imposés à moi. Des gens de tous les âges, tendant la main devant les bouches de métro, devant les cafés, dans les coins de porte. Les femmes d’un certain âge, bien habillées encore, fouillant les poubelles pour y trouver des bouteilles consignées et ainsi récupérer les malheureux 5 cents de dépôt. Les jeunes charognards, qui, les matins de ramassage des déchets recyclables, font de même en éventrant les sacs réglementaires en plastic bleu, laissant s’éparpiller au vent les cartons, sac plastiques et autres papiers qui eux, ne leurs rapportent rien. Et on s’étonne que les rues soient si sales? La voirie fait son travail, c’est le filet social qui ne fait pas le sien.
D’un côté, Montréal et ses "itinérants", présents hivers comme été, qui implorent souvent avec bagout, grelottent sous la pluie verglaçante et puent parfois, et de l’autre, "Hunger Games" et ses adolescents condamnés à mort . En sortant de cette fiction pour retrouver notre réalité, je me suis brièvement demandée si le film ne faisait pas que commencer. And may the odds be ever in your favor.
*Et que la chance tourne toujours en votre faveur
Super ton texte!
Bisou
Papa
Par Léo le 6 mai 2012
à 21:46
Je confirme même si je pense que Papa Bysaeth est bien plus pointu que moi sur le sujet
Bisous, Laurianne
Par Laurianne le 11 juin 2012
à 05:02